Par Jean-Luc Goudet,
Futura-Sciences Le 20 juillet 1969, deux hommes descendent vers le sol lunaire dans un frêle esquif à pattes, commandé par un ordinateur miniature et un pilote d'essai. Manque de carburant, visibilité à l'atterrissage quasiment nulle et site d'atterrissage médiocre et mal connu : les conditions sont réunies pour un crash phénoménal.
Pendant la treizième orbite d'Apollo 11 autour de la La Lune avec un "L" majuscule est le satellite naturel de la Terre.');" onmouseout="killlink()">Lune, au matin du 20 juillet 1969, en heure de Houston (c'est déjà le soir en France), Neil Armstrong, commandant, et Buzz Aldrin, pilote, disent au revoir à Michael Collins. Revêtus de leurs scaphandres, ils pénètrent dans le module lunaire (LM, Lunar Module, parfois LEM, Lunar Exploration Module), baptisé Eagle. Collins, resté dans le module de commande (Columbia), ferme l'écoutille de son côté. Pour trente orbites lunaires, il est désormais seul à bord du vaisseau spatial. Aucun homme avant lui n'aura été isolé ainsi aussi loin de sa planète...
Il lui reste un travail à faire pour ses camarades. Le LM ne s'est éloigné que de quelques dizaines de mètres et entame une rotation sur lui-même. Collins doit, visuellement, inspecter l'état de la machine. Il est encore temps d'annuler la descente du module lunaire si un problème est détecté. « Soyez prudents, les gars ! » dit-il à ses deux compagnons après avoir constaté l'intégrité du module lunaire.
A l'intérieur de Eagle, Armstrong et Aldrin sont debout et portent une tenue spatiale avec un casque fournissant de l'oxygène pur. Ils sont maintenus par un harnais et, sous leurs pieds, par... du velcro, une belle invention que la Nasa a contribué à populariser.
Aldrin prend une photographie du module de commande Columbia. C'est lui le caméraman, chargé de filmer la descente et Armstrong lui demande si la caméra est bien enclenchée. Houston donne l'ordre et Aldrin démarre le moteur du LM. Le train spatial, dont les orbites successives ont réduit l'altitude, n'est plus qu'à 14,3 kilomètres du sol. Pendant 29,8 secondes, le moteur éloigne le LM de Columbia. Eagle s'inscrit sur une orbite elliptique. Pour l'instant, le LM avance la tête vers l'avant et, toujours dans cette position, entame la descente vers la Mer de la Tranquillité.

20 juillet 1969. Le LM Eagle vient de se détacher du module de commande Columbia. Michael Collins le photographie et l'inspecte alors que l'engin est, pour cette raison, en rotation. © Nasa