Association Constant Ruffin "LES PERSEIDES" : La constellation du Lion avec ses galaxies et la Chevelure de Bérénice - Mythologie et observations - Articles+formulaires
Association Constant Ruffin "LES PERSEIDES" : La constellation du Lion avec ses galaxies et  la Chevelure de Bérénice





Login
Log in!
Galerie photos
DOCUMENT TITLE

Phases lunaires

Prévisions météo





Recherche

Mythologie et observations : La constellation du Lion avec ses galaxies et la Chevelure de Bérénice
Posté par didier le 06/04/2007 16:50:00 (11675 lectures)

Dans la jungle, terrible jungle, le Lion est mort ce soir.......Venez écouter son dernier rugissement !!
Découvrez ses galaxies M65 et M66 ; M95, M96 et M105 ainsi qu'une naine rouge, Wolf 359 !



MYTHOLOGIE

Le lion de Némée
A l'est du Crabe s'étend le Lion, la douzième des constellations par la taille. Le lion, le Scorpion, le Taureau et le Verseau sont les plus anciennes constellations zodiacales qui, vers 3200 av. J.-C, marquait chez les Sumériens le spoints solsticiaux et équinoxiaux et qui ont figuré longtemps sur le slistes d'étoiles mésopotamiennes plus tardives.
Les egyptiens voyaient là également un lion depuis le Nouvel Empire.
Paradoxalement, ce lion stellaire et royal, victorieux en été des autres signes, est figuré ici, comme dans toute la littérature mythographique, par le lion de Némée, un lion étouffé et vaincu par Héraclès (Hercule chez les Romains) lors de son premier travail.

Le Lion fait partie des constellations particulièrement visibles. Apparemment le lion zodiacal a reçu cet honneur de zeus, parce qu'il est le roi des quadrupèdes. Certains affirment qu'il s'agit du premier travail accompli par Héraclès, placé là pour que le souvenir en soit conservé. La tanière du Lion se trouvait sur la Lune et il aurait été précipité par Héra afin qu'il affronte Héraclès.C'est effectivement le seul animal qu'il tua sans armes, par amour de la gloire, en l'étouffant entre ses bras, la peau du fauve étant invulnérable et ne pouvant être entamée par aucun tranchant. Pisandres de Rhodes évoque cet épisode.
De là vient qu'Héraclès porte la peau du Lion sur lui, signe de l'illustre exploit qu'il a accompli. Il s'agit du lion qui fut tué par Héraclès à Némée.

Le Lion a trois étoiles sur la tête, une brillante sur le poitrail et deux dessous, une sur la griffe droite, une au milieu du ventre, une autre au-dessous, une sur la hanche, une sur le genou postérieur, une brillante à l'extrémité de la griffe, deux sur le cou, trois sur le dos, une au milieu de la queue et une, brillante, au bout de la queue. En tout 19 étoiles.
On voit aussi au-dessus du Lion 7 étoiles s ans éclat, formant un triangle du côté de la queue. on les appellle la Chevelure de Bérénice Bienfaitrice.

Dans la pièce de Sénèque Héraclès furieux, évoquant le lion qu'il a vaincu et qui fut astralisé en témoignage de son exploit, le héros le peint-il toujours aussi menaçant : "Voici que mon premier travail, le Lion, occupe le ciel ; il l'illumine, bouillant de colère et s'apprêtant à mordre. Il va dévorer une étoile, il se dresse immense et menaçant, ouvrant une gueule énorme, soufflant le feu, et secoue sa crinière étincelante. Il va d'un seul bond, sauter par-dessus l'automne lourd, par-dessus h'hiver glacé, et retomber dans le printemps, et briser la nuque du Taureau" (v.944-952)

La Chevelure de Bérénice
Du côté de la queue du Lion, Eratosthène avait discerné la chevelure d'Ariane à propos de la constellation de la Couronne boréale. Il nous indique ici qu'il s'agirait de la Chevelure de Bérénice, épouse du roi Ptolémée III Evergète, sa contemporaine. Ce groupe d'étoiles, qui avait déjà été identifié, mais sans avoir reçu de nom précis, devait probablement à l'origine représentait la touffe de poils de la queue du Lion.
C'est l'astronome Conon de Samos qui, en 247 av.J.-C, la nomma ainsi : "Après ses noces avec Bérénice, Ptolémée était parti attaquer l'Asie ; Bérénice fait alors le voeu de couper sa chevelure si Ptolémée revenait victorieux. Condamnée par son voeu, elle déposa sa chevelure dans le temple d'Aphrodite Arsinoé. Le lendemain, sa chevelure avait disparu. Le roi en fut fort triste, mais le mathématicien Conon, dans son désir d'obtenir la faveur du roi, prétendit voir la chevelure placée au milieu de sétoiles : il montra sept étoiles qui n'appartenaient à aucune figure et, d'après lui, représentaient la chevelure."
source : Eratosthène
  OBJETS CELESTES DU LION
Le Lion passe au méridien le 15 avril à 21 h et c'est donc durant cette période qu'elle culmine au plus haut dans le ciel et c'est l'occasion de l'observer et de prendre des photos. Le Lion contient plusieurs galaxies brillantes dont les jumeaux M65 et M66 entre iota et thêta Leonis, M95 et M96, 9° à l'est de Régulus, sont les représentants les plus fameux.

  • Historiques et caractéristiques de M65 et M66
M65 (magnitude visuelle de + 9,3), galaxie spirale de type Sa, découverte en 1780 par Pierre Méchain
M66 (magnitude visuelle de + 8,9), galaxie spirale de type Sb, découverte par Charles Messier en 1780

M65 et M66 forment un superbe couple de galaxies, semblable à celui de M95 et M96 qui se trouve lui aussi dans la constellation du Lion. Elles furent découverte par méchain en 1780 et immédiatement décrites et cataloguées par Messier qui regretta amèrement de ne pas les avoir remarquées avant. En effet, la comète de 1773 était passée entre elles entre le premier et le 2 novembre mais "je ne les ai pas vues, sans doute à cause de laluminosité de la comète" .
William et John Herschel furent enthousiasmés par la beauté de ce couple quand ils découvrirent le noyau allongé de M65 de forme elliptique et ses deux bras externes plus faibles. Il fallut attendre 1848 et le grand télescope de lord Rosse pour conclure en sa forme en spirale.
On a d'abord cru que la luminosité des deux galaxies variait avec le temps, mais c'était une erreur d'observation.
D'Arrest considérait que M65 était la plus importante, mais en 1850, un autre observateur prétendit exactement le contraire. En 1861, Schönfeld estima aussi lui aussi que M66 était plus brillante et le père Secchi la décrivit comme le membre le plus important du couple. La question de l'invariabilité des formes et de la luminosité de ces galaxies fut résolue par les photographies de Isaac Roberts et de James Keeler au début de ce siècle.
Vers la même éposue, Flammarion, ignorant la nature de M65 et M66, commenta ainsi une intuition de John Herschel qui supposait que toutes les nébuleuses allongées avaient une forme elliptique : "Il affirme que la condensation est le résultat de la superposition de couches elliptiques limineuses, avec une densité croissante vers le centre, mais s'agit-il de masses gazeuses ou d'amas d'étoiles ? La question reste ouverte." Elle ne devait trouver une réponse que de nombreuses années plus tard.
M65 et M66 sont distantes de 27 millions d'années-lumière et ont respectivement des diamètres de 50 000 et 60 000 années-lumière et la distance réciproque entre elles ne dépasse pas 180 000 années-lumière.
  • Historiques et caractéristiques de M95, M96 et M105
M95 (magnitude visuelle de + 9,7), galaxie spirale de type SBb, découverte en 1781 par Pierre Méchain
M96 (magnitude visuelle de + 9,2), galaxie spirale de type Sa découverte en 1781 par Pierre Méchain
M105 (magnitude visuelle de + 9,3), galaxie elliptique de type E1, découverte en 1781 par Pierre Méchain.


Ami et collègue de messier, Méchain découvrit deux magnifiques galaxies le 20 mars 1781 et il lui en fit aussitôt part. Le 24 mars, Messier avait déterminer leur position d'après les étoiles situées autour. Les télescopes de l'époque ne dévoilaient pas grand chose de M95 et M96 : Messier disposait d'une lunette de 90 cm d'ouverture et 105 cm de focale ; il vit donc dans ces deux objets "des nébuleuses sans étoiles, la seconde moins distincte que la première" et il releva la ressemblance avec deux autres galaxies jumelles dans la Vierge, M84 et M86.
A la recherche de leur vraie nature, tous les grands observateurs du passé ont été intrigués par la nébulosité autour des noyaux brillants de M95 et M96 : on pensait alors (au début de la première moitié du XIXe siècle) que toutes les nébuleuses pourraient être résolues en étoiles si on pouvait les observer avec des instruments plus gros et des grossissements de plus en plus forts.

A plusieurs reprises, lord Rosse pointa son grand télescope de 180 cm sur ces deux galaxies . Il n'arriva jamais à les définir mais il découvrit des détails intéressants ayant échappé à ceux qui utilisaient des télescopes plus faibles : "le noyau est très brillant, il ressemble à un amas globulaire indéfinissable, entouré d'une nébulosité étendue ; les régions centrales de M95 semblent parfaois divisés en deux ellipses (d'un éclat différent) et on relève des bras en spirale à l'est et à l'ouest. M96 aussi est une spirale et tout autour le ciel semble éclairé par des taches nébuleuses."
M95 et M96, deux galaxies spirales là aussi, sont plus loin, éloignées de 29 millions d'années -lumière et constituent un petit amas avec plusieurs autres galaxies moins brillantes. On y trouve également la galaxie elliptique M105, les galaxies spirales NGC 2903, NGC 3370 et NGC 3521. Juste au nord de Régulus, Léo I et Léo II font partie de notre Groupe local. M95 et M96 sont distantes entre elles de 300 ou 400 000 années-lumière.

M105 est une galaxie de type E1, de magnitude visuelle + 9,3 située à 27 millions d'années-lumière et qui ne fut pas initialement répertoriée par Messier, son catalogue s'arrêtant à M103. Elle fut découverte en 1781 par Méchain qui l'annonça trop tard à Messier pour qu'elle pût être intégrée dans ses travaux (qui ne furent pourtant publiés dans Connaissance des Temps qu'en 1784, mais ils avaient été imprimés trois ans en avance !)
samedi 7 avril 2007 10:35:46C'est récemment, en 1947, que Sawyer Hogg découvrit une lettre publiée dans les plus de 160 ans auparavant : on y trouvait les coordonnées de plusieurs nouvelles nébuleuses, que la communauté astronomique a donc depuis décidé de baptiser avec le sigle M de Messier puisque ce dernier en connaissait déjà l'exsitence.
William Herschel découvrit deux compagnes à M105, l'une presque aussi brillante que la principale, avec un bulbe central plus lumineux et un halo flou, l'autre pâle et oblongue dans le sens est-ouest. Au XIXe siècle, Henri d'Arrest étudia M105 depuis Copenhague ave une lunette de 28 cm. Il fut le premier à découvrir son noyau exceptionnellement lumineux et ponctuel, comparable à une étoile de magnitude 10.
Un étoile particulière : une naine rouge toute proche...Enfin, nous pouvons observer dans cette constellation, l'étoile la plus proche distante de 7,78 années-lumière seulement. Baptisée WOLF 359, elle est une naine rouge, 50000 fois moins lumineuse que le Soleil. Il s'agit de la 6ème étoile la plus proche de notre système solaire (la 4 ème si on considère le système alpha du Centaure comme un seul objet). Sa magnitude absolue est de 16,55 ce qui en fait l'objet le moins brillant connu dans le voisinage du système solaire.
Magnitude apparente : + 13,53
Type spectral = M6.0V

Température de surface : 3500 K

Age : - de 10 milliards d'années.


Mes remerciements vont à la revue Astronomia.










Note: 0.00 (0 votes) - Noter cet article -
Format imprimable Envoyer cet article à un ami Créer un fichier PDF à partir de cet article